Le fléau du sucre : pourquoi il détruit notre métabolisme (et comment le cétogène change tout)
- Sandra Bissuel
- il y a 7 jours
- 9 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Loin de moi l'idée de culpabiliser qui que ce soit. J'ai été un "bec sucré" pendant très longtemps, j'ai mangé du sucre en quantités enfant puis à l'âge adulte. Maintenant que je sais ce que je sais sur les glucides, la glycémie et l'hyperinsulinémie, j'ai un autre regard sur mon passé : enfant, j'ai eu beaucoup d'angines, beaucoup d'antibiotiques, beaucoup d'allergies, diagnostiquée endométriose stade IV sévère à 20 ans (magma adhérentiel, systèmes génital, urinaire et digestif ne formant qu'un seul bloc), IRM, 2 opérations à 4 mois d'intervalle, des traitements hormonaux (decapeptyl, mirena), des douleurs tous les mois depuis 25 ans, de l'inflammation à répétition (éruptions cutanées, douleurs cervicales, au coude, digestives, cystalgies...)... de l'errance, des recherches, une première avancée avec la naturopathie il y a 10 ans, mais qui n'allait pas assez loin, ça améliorait quelques temps puis revenait ou se déplaçait ! Jusqu'à cette découverte de l'alimentation cétogène. C'était il y a quelques temps déjà, mais il m'a fallu du temps pour passer le cap. Et plus j'en apprends sur cette alimentation, plus je comprends.
Je comprends que tout est lié, mais que tout part du carburant. Je comprends que pour soigner l'esprit et le corps, il faut soigner ce que l'on met dans son assiette. Je le savais depuis longtemps bien sûr, c'est LA base de la naturopathie, mais mes cours ne m'ont pas apporté cette connaissance il y a 10 ans. Mes lectures sur l'alimentation ont été diverses et variées, mais jamais je n'avais rencontré le cétogène comme je l'ai rencontré ces derniers mois, et ce fut une révélation, car en quelques semaines, j'ai déjà eu des résultats incroyables sur mon inflammation (je n'ai plus de douleurs cervicales ni au coude, ma peau est plus saine, mon corps se redessine) et j'ai surtout une énergie et une motivation dingues ! J'ai retrouvé l'envie d'entreprendre, de faire, de créer, d'accompagner. Tout fait sens ! Mon énergie et mon humeur sont stables, pas de crash d'après-repas (adieu les hypoglycémies)... bref, je me sens bien et j'ai envie de contaminer tout le monde !
Mais revenons au sujet de départ :
Le sucre est partout : dans les biscuits, les jus, les sauces, les yaourts, les céréales, les barres “healthy”, les smoothies… Et même dans des produits où on ne s’attend pas forcément à en trouver : jambons, charcuterie, plats préparés...
Résultat : nous consommons 4 à 6 fois plus de sucre que ce que notre corps peut gérer sans dérégler son métabolisme.
Le sucre est un carburant, oui, mais si vous avez lu mon article sur la mitochondrie, vous savez déjà qu'il dérègle beaucoup de choses...
Le sucre n’est pas seulement “calorique”. Il agit comme un perturbateur métabolique.
Il fait monter la glycémie.
Il déclenche un pic d’insuline.
Il bloque la lipolyse (la capacité à brûler les graisses).
Il augmente la faim et les fringales.
Il favorise le stockage et le gras viscéral.
--> C’est le carburant parfait… pour prendre du poids, épuiser le foie et le pancréas, et déséquilibrer les hormones.
Saviez-vous que le sucre a plus de 50 noms ?
Outre les sucres blancs, bruns, de canne, glace, roux, de coco... Nous avons aussi saccharose, glucose, fructose, sirop de glucose-fructose, maltodextrine, dextrose, maltose… ou encore sirop d'agave, de maïs, amidon modifié, caramel, miel... Derrière tous ces petits noms se cachent la même réalité : du sucre.
Prenez le temps de regarder les étiquettes des produits que vous achetez et essayez d'en trouver un sans l'une de ces mentions ! Mission quasi impossible... Même dans le pâté il y a du dextrose !
Prenez également le temps de regarder le tableau nutritionnel, celui où vous avez la quantité de glucides/lipides/protéines dans le produit... Observez la ligne "glucides" puis la ligne juste en-dessous "dont sucres". Et rappelez-vous que ces données concernent le nombre de grammes pour 100g du produit ! Les quantités de glucides dans les produits transformés sont énormes, bien souvent au-delà de 50g...
Pourquoi c'est important et surtout gravissime : peu importe comment s'appelle le sucre que vous allez manger, votre corps va transformer 100 % des glucides en glucose dans le sang. Sauf le fructose qui lui va directement au foie... mais on en reparlera.
Le sucre dérègle l’insuline : quand on consomme du sucre : la glycémie monte, l’insuline explose, la lipolyse (brûlage des graisses) s’arrête et le corps passe en mode stockage.
👉 prise de poids,
👉 fringales,
👉 fatigue,
👉 résistance à l’insuline.
Et si on ne change rien, pré-diabète puis diabète (je ferai un article complet sur ce sujet précisément, car en quelques mois, on renverse un diabète T2 avec une alimentation cétogène... oui oui sans traitement Metformine ou insuline, juste en coupant ce qui rend malade le pancréas : les glucides. Logique me direz-vous... oui, mais pourtant aujourd'hui en France, on continue à dire aux diabétiques de manger des glucides (parce que soit disant notre corps et notre cerveau ne peuvent pas s'en passer)... autant dire à quelqu'un qui a un cancer des poumons de continuer à fumer ou à quelqu'un qui a une cirrhose de continuer à boire de l'alcool... c'est aussi idiot !)
Que se passe-t-il quand on devient résistant à l'insuline ?
Les cellules sont saturées de glucose à cause des apports massifs de glucides via l'alimentation, du coup elles refusent qu'il y en ait plus... du coup le glucose reste dans le sang, l'insuline monte encore plus pour "forcer", le pancréas s'épuise à surproduire de l'insuline qui reste chroniquement élevée... et le métabolisme se bloque... le foie est surchargé et le corps entre dans un état de stockage (car c'est tout ce qu'il sait faire avec ce glucose, le stocker sous forme de graisse, adipeuse ou viscérale).
Comment savoir si on est résistant à l'insuline ?
Je ne vais pas vous mentir : si vous suivez les recommandations nutritionnelles à savoir 55 à 60% de glucides dans votre assiette quotidienne (soit entre 250 et 300g de glucides par jour), alors vous êtes probablement résistant ou pré-résistant à l'insuline.
Petit exemple concret de la quantité approximative de glucides dans les aliments les plus courants :
2 tranches de pain : 30g
confiture ou nutella (2 cuillère à soupe) : 25g
bol de céréales + lait : 45g
jus d'orange : 20g
croissant : 25g
200g de pâtes natures : 50g
yaourt sucré : 15g
biscuit : 12g
barre chocolatée : 30g
gâteau/pâtisserie : 45g
150g de riz nature : 40g
200g de lentilles : 24g
200g de pommes de terre : 35g
hamburger classique : 35g + frites : 35g + coca : 35g (105g de glucides le macdo !)
pizza entière (à la pizzeria) : minimum 120g de glucides
fruit (pomme, banane, poire) : environ 20g
Il est très facile sur une journée d'atteindre 250g de glucides sans s'en rendre compte et ce, sans avoir d'apports suffisants en protéines, ni en lipides bien sûr...
Voici les symptômes les plus courants d'une résistance à l'insuline... ces petits symptômes que l'on néglige et qui pourtant sont porteurs de messages :
fatigue après les repas, envie voire besoin de faire une sieste
fringales sucrées (tout ce qui est à base de glucides, pas juste le sucre)
surpoids ou obésité
difficultés à perdre du poids
gras abdominal et viscéral
glycémie instable (besoin de manger du sucre pour se redonner un coup de fouet)
tâches sombres sur la peau
triglycérides élevées
hypertension
inflammation chronique (maladies en -ite, douleurs récurrentes articulaires ou musculaires, fibromyalgie, endométriose...)
troubles digestifs récurrents
Chaque pic de glycémie entraine du stress oxydatif qui génère de l'inflammation. Elle n'est pas forcément visible, elle peut rester silencieuse pendant longtemps mais elle est bien là et fatigue les organes qui petit à petit se dégradent. C'est pourquoi il est primordial d'écouter ses symptômes, ceux listés ci-dessus surtout, car les symptômes chroniques sont un message du corps, qu'il ne faut pas négliger.
"Ecoute ton corps lorsqu'il chuchote pour ne pas l'obliger à crier"
Quand le sucre circule trop longtemps dans le sang, il finit par se coller aux protéines. On appelle ce phénomène la glycation : c'est une forme de caramélisation du sucre qui se produit et c'est un processus inflammatoire majeur. C'est ce phénomène qui va rigidifier les artères (ce n'est pas le cholestérol qui bouche les artères, mais le sucre caramélisé !), accélérer le vieillissement, abimer la peau, activer encore plus l'inflammation et dégrader les organes...
Comment l'alimentation cétogène règle les problèmes causés par le sucre ?
Notre corps n'est pas fait pour (in)gérer autant de glucides : nos ancêtres en consommaient 4 à 6 fois moins que nous et avaient une activité physique bien supérieure à la nôtre ! Il n'y avait pas de tablette, pas d'écran, ils étaient dehors une grosse partie de la journée (vitamine D au top !), qu'il fasse chaud ou froid, qu'il pleuve, qu'il vente... ils prenaient le soleil, ils se couchaient et se levaient avec lui (activation naturelle du cortisol pour se réveiller le matin, il donne de l'énergie, active le métabolisme... et la mélatonine baisse ; le soir, la mélatonine augmente vers 20h, elle prépare le corps au coucher, au sommeil, baisse la température corporelle, ralentit le métabolisme... le cortisol baisse, le corps passe en mode repos... aujourd'hui tout cela est détraqué avec les écrans).
Rappelez-vous les "4S", Soleil, Sommeil, Sport, Stress... ils cochaient toutes les cases, les glucides en moins ! Aujourd'hui, nous ne cochons pas ces cases pour la plupart (pas assez d'exposition au soleil et peu de supplémentation en vitamine D, peu de sport, sommeil de mauvaise qualité et stress +++) et nous gavons notre corps de glucides qu'il n'arrive pas à gérer... pas étonnant que les maladies métaboliques explosent, non ?
Alors, que va faire le cétogène ? Pour ce qui est des "4S", la balle est dans votre camp (mais ils auront une place très importante dans mes accompagnements ! Et vous verrez, quand on modifie l'alimentation, plusieurs choses s'alignent et se régulent d'elles-mêmes via les hormones).
Tout d'abord, on change de carburant :
Jusque là, le corps fonctionnait au glucose... en passant en cétogène, on bascule sur les corps cétoniques (via un apport plus important de lipides, voir article qui explique comment ça marche). Les cétones sont une énergie stable, propre, anti-inflammatoire, neuro-protectrice, et surtout, non-dépendante de l'insuline.
On fait chuter l'insuline et on répare :
En stoppant l'apport massif de glucides, la glycémie baisse et la sécrétion d'insuline se calme. Le pancréas souffle enfin, le foie aussi.
--> la lipolyse peut se réactiver (le corps peut brûler les graisses), les cellules se vident du trop-plein de glucose, la résistance à l'insuline diminue, les fringales disparaissent et l'énergie devient plus stable.
--> le foie arrête de fabriquer des triglycérides, le gras viscéral et abdominal peuvent enfin diminuer, le foie gras métabolique (stéatose hépatique) régresse, les enzymes hépatiques se normalisent.
--> l'inflammation chronique diminue : avec la stabilisation de la glycémie, le stress oxydatif se calme ; la baisse de l'insuline entraine une baisse des cytokines inflammatoires ; la glycémie baisse donc les cétones augmentent et abaissent automatiquement l'inflammation.
--> au niveau du cerveau, les cétones vont stabiliser la dopamine, améliorer la clarté et réduire la fatigue mentale.
--> les coups de barre disparaissent tout comme les fringales, l'énergie se stabilise toute la journée, l'endurance et la concentration sont meilleures.
--> sur le plan métabolique, les triglycérides baissent, le HDL augmente, la tension baisse, l'inflammation aussi, la perte de poids est considérable (si nécessaire) et surtout durable, le pré-diabète et le diabète sont progressivement inversés...
Pourquoi c'est logique, métabolique... juste du bon sens ?
En passant en alimentation cétogène, on revient au bon sens, à l'alimentation prévue pour notre corps. Nous n'avons jamais mangé autant de glucides de toute l'histoire de l'humanité. Ce n'est pas une supposition, ni une phrase lancée "comme ça", c'est évident, puisqu'elles n'ont jamais été aussi présentes dans nos vies (voir article sur le sujet).
--> en mangeant cétogène, on enlève la CAUSE (et on arrête de juste traiter les conséquences) : excès de glucides avec tout ce qui s'en suit
--> on éteint le mécanisme en stoppant l'hyperinsulinémie
--> on inverse les dégâts causés par cet excès (foie gras, inflammation, résistance à l'insuline, diabète)
--> on redonne sa juste place au carburant naturel de notre corps : les cétones
--> le cerveau est stabilisé et fonctionne à plein régime grâce aux cétones
--> on stabilise l'énergie
--> on permet une perte de poids durable
Le cétogène ne cache pas les symptômes, il corrige les problèmes à la racine.
En conclusion :
L’alimentation moderne, riche en glucides (250 à 300 g par jour), maintient le corps dans un état de glycémie instable, d’hyperinsulinémie chronique, d’inflammation silencieuse, et de stockage permanent. Ce n’est pas une question de volonté, ni de calories : c’est une question d’hormones.
Le sucre et les féculents saturent les cellules, surchargent le foie, dérèglent l’insuline, fatiguent le cerveau, et bloquent la combustion des graisses. C’est ainsi que naissent la résistance à l’insuline, le gras viscéral, la fatigue, les fringales, et les maladies métaboliques.
Le problème n’est pas le corps. Le problème est le carburant qu’on lui impose.
L’alimentation cétogène change ce carburant.
En réduisant les glucides, le corps baisse naturellement son insuline, se libère du glucose en excès, décharge le foie, réduit l’inflammation, réactive la lipolyse, et bascule vers un carburant propre : les cétones. Les cétones stabilisent l’énergie, nourrissent le cerveau, apaisent l’inflammation, et permettent au métabolisme de fonctionner comme il a été conçu.
Le cétogène ne “cache” pas les symptômes. Il corrige la cause.
C’est pour cela qu’il améliore la glycémie, la tension, les triglycérides, le foie, l’énergie, le sommeil, la clarté mentale, et la composition corporelle. Ce n’est pas magique : c’est bio-logique.
Le cétogène n’est pas une mode, ni un régime.
C’est un retour au fonctionnement naturel du corps.
Moins de sucre, moins d’insuline, moins d’inflammation.
Plus d’énergie, plus de santé, plus de liberté.
Le choix est simple :
continuer à alimenter un système métabolique saturé,
ou revenir au carburant qui libère le corps.




